De la migration wordpress – et de ses connotations migraineuses.

Les amis,

Vos retours lors de la Route de Saint Lu m’ont donné envie de m’aventurer plus loin dans l’exercice du blog.

Je me suis donc récemment lancé : achat d’un nom de domaine, choix d’un hébergeur, paramétrages complexes… Sous ma boîte crânienne, en ce moment, ça ressemble un peu à ça :

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J’ai dû me livrer à des tas de manipulations toutes plus absconses les unes que les autres et je suis parvenu enfin à construire la page d’accueil. Ouf.

J’y ai également importé les articles de la route de Saint Lu, mais sous une forme chaotique que je dois encore un peu ranger. Par exemple, ma trombine apparaît dans tous les commentaires, même quand ils ne sont pas miens. On se croirait chez Spike Jonze, Dans la peau de John Malkovitch… Certains liens renvoient à l’encyclop’. Bref : un souk! J’ai encore un peu de travail.

Qu’importe : je vous y propose un joyeux programme, puisqu’après le pèlerinage du petit beurre, j’ai deux ou trois idées bien loufoques en projet, que j’entends évidemment vous faire partager.

Pour vous y rendre, c’est ici : fantaisie-buissonnières.fr

La peinture est encore fraîche, il y a encore quelques échafaudages à ôter, mais vous aurez un avant-goût de la déco finale.

A très vite!

 

 

 

Portage et bivouac : rester léger.

Commençons par le portage, autrement dit le sac à dos, et évitons tout de suite une erreur que l’on a pourtant tous faite : acheter d’abord le sac avant de réfléchir à ce qu’on va mettre dedans.

Parce que même en restant raisonnable sur le calibre, on se retrouve immanquablement à se coltiner un tronc en fonte.

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Traversée des Cévennes, 1994. Au moins 30 litres inutiles. A noter, également, pour les plus observateurs, de magnifiques traces de sel sur les épaules, témoins de la souffrance du corps en mode mulet…

Ainsi, j’ai longtemps utilisé ceci :

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55 litres extensibles à 65 par un système de soufflet. Pas très lourd pour un sac en gros Cordura datant du début des années quatre-vingt-dix : 1 kilo 2 à peine. Un compagnon fidèle et increvable, traîné en montagne où lors de pointillés plus exotiques sur la mappemonde. Idéal?

Non. Trop volumineux. Appelle immanquablement le remplissage, et donc le superflu.

Les conseillers de boutiques spécialisées, eux, vous orienteront toujours vers un minimum de 60 litres pour une marche de plus de dix jours en portant une tente et un duvet.

Ne les écoutez pas, malheureux!

Tenez, aujourd’hui, je circule avec ça :

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Lorsque je dors en hôtel, chambre d’hôte, gîte ou refuge.

Ou bien avec son grand frère :

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Lorsque j’emporte ma tente, un sac de couchage et un matelas. Je pense même que la prochaine randonnée, compte-tenu du fait que je n’emporte plus de réchaud, j’ôterai la poche sommitale – elle est amovible, exprès.

Tout deux sont de la marque Osprey : il existe certes encore plus léger – certains randonneurs MUL bricolent eux-mêmes les leurs – mais ces deux modèles me conviennent très bien. Leur confort est réel, leur conception et les accessoires qu’ils possèdent sont bien pensés et leur prix n’est pas rédhibitoire.

Je ne possède hélas aucune action chez ce fabricant, mais, si vous le souhaitez, vous pouvez aller voir leur site.

Avant d’acheter un sac à dos, donc, au risque de me répéter, demandez-vous d’abord ce que vous allez en faire. Une randonnée? Très bien. En dormant où?

En refuge ou à l’hôtel? Exit par conséquent le réchaud, la tente, le matelas, le duvet : 22 litres suffiront amplement. Mon petit rouge est parfait. Il pèse 750 grammes à vide, est très intelligemment conçu, me permet d’emporter ce que j’ai détaillé ici et .

Vous partez en autonomie? Admettons : mais quelle autonomie? Uniquement le couchage et un peu de vivres au cas où? Ou bien aussi quinze jours d’intendance, des jambons auvergnats, une table en chêne, des chandeliers en argent?

Vous l’avez compris : le contenu d’abord, le contenant ensuite. Dans l’optique de l’allégement du barda, lister ce que l’on décide de prendre, le regrouper et en tester le volume avec des sacs poubelles variés, permet ensuite de choisir le sac adapté. Faites l’inverse, et vous revenez inévitablement à la case mulet.

Voilà pour le portage. Au bivouac à présent!

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En mode MUL, pour s’abriter, il existe deux écoles. La tente ou le tarp.

De nombreux randonneurs préconisent le tarp : une simple toile enduite, que l’on fait tenir avec ses bâtons et quelques haubans. Avantages, la légèreté extraordinaire, la polyvalence de l’abri, la sensation de dormir en pleine nature.

Mouais : de dix-huit à trente ans, j’ai adoré dormir à la belle étoile. Même pas de tente! Furieusement MUL. Puis, il m’est arrivé un truc étrange : j’ai vieilli. J’en ai eu inexplicablement assez des insectes qui me couraient sur le visage ou dans le duvet –  un petit scorpion noir, une fois, dans les Cévennes. Fourmis, moustiques, aoutas, j’en oublie : je me suis un peu lassé du monde animal et, pour mieux dormir et pleinement récupérer, j’ai fait le choix de renouer avec la tente.

Après quelques semaines de minutieuse enquête, j’ai investi dans un modèle génial du fabricant MSR. La Hubba NX. Telle que je l’emporte, et je vais m’en expliquer très vite, elle pèse 1 kilo 4. Ce poids comprend les arceaux, le double toit, la chambre et un tapis de sol supplémentaire qui rend l’ensemble auto-portant et protège le fond de la chambre, fin et fragile.

La voici côté ouverture.

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La tente, comme toujours, est vendue avec un sac. Exit le sac : je fragmente le paquet.

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Les arceaux tiennent en hauteur. C’est l’emballage rouge et long en haut. J’empaquète le double-toit dans un petit sac étanche, haubans inclus, ce qui me permet de le ranger mouillé et de ne pas tremper mes autres affaires. La chambre est repliée dans l’autre sac, imperméable. Le tapis de sol et les sardines sont également à part. Aux sardines d’usine, j’ai rajouté deux petites cornières en titane, pour les terrains plus difficile. Je répartis le tout en le calant avec le reste.

Je dors bien – fort bien, même – je ne suis plus enquiquiné par les bestioles et j’ai même gagné en température. Irremplaçable.

Bien sur, ce n’est pas le tout d’avoir un toit. Il faut aussi organiser la literie.

Concernant le sac de couchage, deux possibilités : synthétique ou duvet véritable. Le synthétique résiste bien à l’humidité, pas la plume. Mais le synthétique est plus lourd et plus difficilement compressible, à chaleur égale produite.

Je préfère donc le duvet, pour les qualités précitées. Je le comprime dans un petit sac imperméable. J’en ai eu plusieurs, au fil du temps. Le dernier est ici :

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800 grammes de confort douillet. Celui-ci est de la marque Moutain Equipment, modèle Xero 300. Il me convient pour des températures jusqu’à 5 degrés. A zéro, sous la tente, c’est à dire à moins deux ou moins trois dehors, même en utilisant mon ensemble en mérinos, j’ai eu froid – mais je n’avais rien mangé ou presque, ceci explique aussi cela.

Enfin, le matelas : là encore, plusieurs façons de procéder. Certains choisissent un tapis de mousse qu’ils retaillent pour gagner en place et poids. D’autres emportent des auto-gonflants : chers, finalement lourds et qui tiennent mal dans le temps.

Il existe depuis quelques temps des matelas gonflables incroyablement performants et confortables. Certains possèdent même une couche d’isolant, pour ceux qui aiment dormir sur la neige. Ne riez pas, il y en a.

Sur le GR54, j’avais opté pour celui-ci :

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Je l’ai revendu pour deux raisons : il glisse – et malgré le choix minutieux de l’aire de bivouac, on campe parfois légèrement en pente ; et il condense. Je me suis retrouvé avec une sensation d’humidité très désagréable sous le duvet. Mon choix s’est par conséquent porté sur un autre, d’une marque concurrente, qui résout ces deux inconvénients et pèse 80 gramme de moins. Pour les curieux, il s’agit du  Tensor, de chez Nemo. Un peu cher, 120 euros, mais la qualité du sommeil s’en ressent.

Pas d’oreiller gonflable : j’utilise ma doudoune qui fait amplement l’affaire.

Pas de marteau pour les sardines, évidemment : je les plante à la main et le sol s’y prête toujours. Eventuellement en m’aidant de la semelle.

Pas de frontale non plus, j’utilise la lampe de mon téléphone. Moins pratique, mais suffisante.

Bien, je crois que nous avons fait le tour.

Le dernier article de cette série sera l’occasion de détailler ce que j’emporte pour boire et pour manger, et d’expliciter mes choix dans ce domaine. Je vous présenterai aussi un petit gadget de 40 grammes dont je ne peux pas me passer, où que j’aille.

A bientôt!

 

 

 

 

 

 

 

 

Soins du corps

Toujours, bien entendu, dans l’optique MUL qui nous préoccupe.

Voici par exemple une salle bain typique de l’état d’esprit :

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Pas mal, non?

Le matériel à présent.

Trois catégories : l’hygiène, la pharmacie, les opérations spéciales.

Je regroupe ces trois familles car elles correspondent entre elles : les aiguilles à coudre peuvent servir par exemple à déloger une écharde – mais JAMAIS à percer les ampoules, cf Des coches – et le savon de Marseille sert absolument à tout, comme on le verra plus loin.

De plus, tout ce matériel trouve sa place dans ma trousse de toilette :

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Marque Sea to Summit, 83 grammes sans le miroir fourni – ôté car inutile quand on peut se mirer dans des flaques. Très pratique pour organiser le fourbi.

Pour la dimension fermée :

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Remercions l’échelle banane, déjà mise à contribution dans le précédent article.

Dans cette trousse, on trouve les produits d’hygiène suivants :

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Une serviette en micro-fibre : la plus petite, de chez MSR. J’en ai testé plusieurs, mais la matière de cette marque est de très loin supérieure aux autres. Cela étant, j’ai lu aussi sur certains forums MUL que les serpillières de supermarché faisaient l’affaire. Oui, oui…

Dimensions de ce mini drap de bain : 35X25 centimètres. Poids sans sa pochette : 37 grammes. Bien suffisante. S’essore à mi-essuyage, comme une peau de chamois.

Ensuite : la brosse à dents. J’ai pris l’habitude de conserver celles qu’offrent les compagnies d’aviation. Elles sont sommaires mais très légères et me font en général deux à trois séjours. 6 grammes.

NB : pas de dentifrice. Inutile. Ce qui lave les dents, c’est l’action mécanique de la brosse, pas la mousse baveuse. On se fait assez vite à l’absence de sensation mentholée et non, on ne développe pas pour autant une haleine de chacal.

La brosse à cheveux. 17 grammes. Manche coupé pour le gain de poids et de place. Incontournable quand, comme moi, on ne se résout pas à partir coiffé comme un marines – prononcez meuhwin’s en prenant un regard bleu dur.

Un rasoir. Manche coupé lui aussi, pour les mêmes raisons que la brosse à cheveux. Facultatif, d’un point de vue MUL. J’ai cependant fini par m’y résoudre parce que je n’en n’avais pas pris lors de la dernière randonnée et que cela m’a manqué.

Une pince à tique « maison », bricolée dans une attache de pain de mie. J’ai trouvé l’idée ici : tire-tique

Un coupe ongle/lime : 13 grammes. Celui-ci n’est pas très performant. Il brise la corne plutôt que de la couper net et s’avère nettement moins bien que celui que j’utilise à la maison, lequel toutefois pèse 45 grammes. Les 32 grammes de moins l’ont emporté sur le confort et la lime rattrape le reste.

Un bâtonnet de manucure. Poids négligeable. Lavable. Sert à quantité de choses, en matière de curage…

Un mini- flacon, récupéré dans un hôtel. Contient 15 jours de shampoings biodégradables à raison d’un tous les deux jours. Plein : 35 grammes.

Deux petits pots de parfumerie dans lesquelles je mets des crèmes. Une hydratante pour le visage et une autre à tout faire, pour la sécheresse de peau – Dexeryl. Je sais : le vrai marcheur MUL n’emporte pas d’onguent : il s’aime en papier de verre. Mais moi, franchement, non. Et puis les deux pots pleins font 44 grammes et compensent donc pour partie ce que j’ai gagné sur le coupe-ongle. Na.

Pas de papier toilette : je le « prélève » au gré des bars, des restaurants et des quelques hôtels où je descends, quand je ressens le besoin de renouer avec le confort moderne.

Dernier élément, LE produit miracle, qui vaut à lui seul sa photo :

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Savon de Marseille. Irremplaçable!

Un morceau de cette taille pèse 52 grammes et me fait plus d’un mois : il me sert à me laver et je l’utilise également en mousse à raser, pour la lessive, et même en déodorant – je tartine les aisselles et ça tient à peu près une dizaine d’heures. Après…

Certains randonneurs MUL l’utilisent aussi en dentifrice. J’ai essayé mais la rencontre n’a pas eu lieu. Peut servir en antiseptique aussi. Suivant l’étendue de la plaie, je ne me prononcerais pas non plus.

Astuce : on aura noté le petit cordon de garcette avec son noeud de pêcheur. Cela permet tout simplement de suspendre le bloc de savon dans la douche, ou après pour le faire sécher, et cela évite surtout de le laisser filer dans le torrent. Malin.

On passe à la pharmacie?

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Je vais vite, la photo parle d’elle-même :

Une demi-bande auto-adhésive de type Coheban, 1 tube Scholl pour les orteils (ici, un reste de la Route Saint-Lu), une dose de désinfectant, deux dosettes de collyre nettoyant, quelques anti histaminiques, de l’Ibuprofen, quatre aspirines 500, une paire de ciseaux léger (14 grammes), deux compresses stériles, une bande de pansement, une mèche de Coalgan, de la double-peau. Suffisant, au début.

Tout cela est en effet prévu pour parer au plus pressé : en cas de complication, il se trouve toujours sur la route (à tout le moins en Europe) une échoppe abondamment pourvue en produits variés :

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Dernières familles : opérations spéciales.

Pas de chirurgie ici. Ou très modeste. Il s’agit davantage de rafistoler ou de patienter en attendant le retour à la civilisation. Le kit :

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Opinel n°8. Bien affuté, un rasoir. Sert à couper le saucisson, les peaux mortes des ampoules, le petit bois pour le feu de camp, etc. 47 grammes.

Une cousette. Jamais servie mais poids négligeable. Aiguilles très pratiques pour les échardes : bien mieux qu’une pince à épiler.

Un petit rouleau de Duct Tape – adhésif à tout faire : coller, souder, étancher, sparadraper, etc.

4 mètres de garcette en polypropylène : corde à linge, lacets cassés, hauban de tente supplémentaire…

Une plaquette d’hydroclonazole : comprimés pour purifier l’eau, à condition que celle-ci soit claire. Pratique quand on a des doutes, même sur un ruisseau d’apparente Evian : il y a parfois des troupeaux en amont. Se conformer aux instructions mémorisées avant de jeter la boîte pour gagner en place et poids.

Allumettes. Imperméables ici, pour le côté Castor Junior. Sinon, ordinaires, c’est bien aussi.

Petite boussole thermomètre de Victorinox. Gadget mais pas que : 13 grammes de repères en cas de panne de smartphone. Donne également la température sous la tente  quand ledit smartphone est en économie d’énergie, et permet accessoirement de mieux comprendre pourquoi on y claque parfois des dents. La règle permet de mesurer la taille des boutons de moustiques, pour le fun.

Bouchons d’oreille. Bien pratiques : le retour à la civilisation, parfois…

Et voilà, les amis.

Prochain article : portage et bivouac.

De la garde-robe – mode MUL

 

Une fois qu’on s’est amusé à considérer l’improbable fourbi qu’on avait prévu d’embarquer – des slips pour une semaine, deux pantalons, deux shorts, un pull, une polaire, des tee-shirts à ne plus savoir qu’en faire, un bloc opératoire de campagne, j’en passe… – nous voici prêt à reconsidérer le paquetage d’un oeil MUL. Il était temps.

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Voyez ici : l’essentiel – le short de bain est resté sur le photographe…

Certes, le lecteur sagace m’objectera que plusieurs semaines de randonnée en montagne n’impliquent pas les mêmes choix qu’une robinsonnade dans l’Océan Indien. Mais le principe demeure le même.

D’abord, traquer tous les doublons ou les triplons, les quadruplons, etc.

Par exemple : pourquoi deux ou trois pantalons quand un seul suffit? Il est sale? Et alors! On le lave et on attend, une serviette autour des reins. Le choix d’un pantalon à séchage ultra rapide facilitera la réapparition sociale – la marque Aigle fait des choses très performantes dans le domaine. Cela étant, je n’emporte pas de pantalon à la montagne, on va y venir.

Les sous-vêtements? Deux jeux suffisent. Ceux du jour, qu’on lessive le soir pendant qu’on enfile les autres après la douche et ainsi de suite. Idem du tee-shirt. Soit il fait très chaud et on va rester torse nu une demie-heure, à tout le moins quand on est un homme – mais une femme le peut aussi, j’aime bien, bref – soit il fait froid et on a de toute façon prévu un sweat propre et chaud pour le soir.

Voici donc ce que je porte et emporte pour deux à trois semaines en moyenne montagne, l’été, en dormant sous la tente et en me nourrissant dans les refuges ou les villages.

NB : tout ce qui concerne l’hygiène, la pharmacie, l’eau, la nourriture, le portage et le bivouac fera l’objet d’articles suivants.

Aujourd’hui, parlons chiffons :

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De haut en bas, on trouve :

Une veste imperméable et respirante : 366 grammes. Vitale en cas de mauvais temps, pluie et/ou vent froid.

Une doudoune : aussi chaude qu’une polaire, voire davantage, très compressible, ultra légère et qui me sert également d’oreiller au bivouac. Marque Uniqlo. 238 grammes. Quant à la place occupée dans le sac…

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Ensuite, on trouve une casquette : claire, très légère, en polyamide. Indispensable quand le soleil cogne ou que le vent m’ébouriffe dans tous les sens. 60 grammes.

Un chèche en coton léger dit « toile à beurre » : fait tout. Cache-col, cache-nez, mouchoir, serviette… pour 97 grammes qui quittent rarement mon cou. Sauf pour le lavage, évidemment.

Avant de poursuivre la revue de détail, vous aurez compris qu’on découvre ici l’un des principes MUL : toujours privilégier les objets ou les articles qui font double ou triple emploi. Mieux vaut une chose qui en vaut plusieurs que l’inverse. Ainsi de la doudoune-oreiller et du chèche essuie-tout. Continuons.

Un sweat synthétique chaud, mais pas trop, à manches longues. Increvable – j’en ai deux, que je traîne depuis plus de vingt ans. De la marque américaine Duofold, laquelle reste difficile à trouver en France. Un seul inconvénient, dû au synthétique, le textile prend terriblement les odeurs de sueur. Mais se lave avec le reste, sèche la nuit, etc. Poids : 221 grammes. Reste toujours sur moi.

Un tee-shirt, de la marque Or. Très léger, incroyablement fin, sèche lui aussi à une rapidité remarquable. 130 grammes.

Un slip : Décathlon. Pas cher. 52 grammes. Sèche également très vite – on a compris que j’y tiens. Au séchage, pas au slip. Encore que. Ou en étais-je?

Ah. Un short à fond de culotte renforcé, taillé dans une toile légère et résistante. 177 grammes.

Précision : en montagne, je n’emporte pas de pantalon. Je n’aime pas ceux dont les jambières se détachent parce que la fermeture éclair est toujours irritante à la longue, sur les cuisses. En montée, je n’aime pas non plus la sensation du tissu qui tire sur les rotules. Je suis donc toujours en short. S’il fait froid, ou le soir, ce qui va souvent de pair, je porte sous le short un collant chaud dont je vais parler plus loin. S’il pleut, j’ai un surpantalon imperméable et respirant. Et hop.

Suite de la revue : une paire de chaussettes de marque Monnet, que j’adore.

Les chaussures, enfin. Choisies une taille au-dessus de l’habituelle, 42 au lieu de 41, qui tiennent parfaitement le pied, sont imperméables et pas trop chaudes, suffisamment rigide pour la moyenne montagne et d’un poids raisonnable pour des tiges hautes. 1200 grammes la paire.

Une remarque : certains randonneurs MUL privilégient les tiges basses, type Trail. Plus légères. Admettons : je me suis ruiné les pieds, autrefois, avec ce genre de chaussures, en faisant une course à la journée qui d’ordinaire en prend deux. Récemment, sur la Route de Saint Lu, idem. Je reste donc aux tiges hautes dans les Alpes.

Bien, vous savez à présent ce que je porte. Au vrai, quand il fait beau, la doudoune est souvent dans le sac, ainsi que la veste imperméable.

Voici à présent mon linge de rechange :

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Enfilé le soir tandis que celui du jour trempe puis sèche. Pas besoin de plus.

Pour le soir :

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Le collant chaud évoqué supra, idem du sweat porté à même la peau pendant que la lessive quotidienne s’égoutte. Tous deux en laine Mérinos. Chers mais vraiment chauds.

Entorse à la rigueur MUL : mes magical shoes. 300 grammes. Chaussures de running minimalistes qui me servent de chaussons au réfectoire du refuge, et me reposent les pieds si je fais étape en village, à l’hôtel. Les puristes n’en prendraient pas mais je ne peux pas m’en passer. Je ne suis donc pas un puriste. Snif.

Pour finir : quelques petits accessoires de confort supplémentaire, particulièrement quand la météo vire au mauvais :

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De gauche à droite :

Un bandeau cache oreilles en polaire : 30 grammes. Très appréciable par petit vent piquant.

Le surpantalon imperméable et respirant : 100 grammes.

Mes gants de Fantomas en polaire. Pour le look. Et contre l’onglet. 40 grammes.

Et enfin, nouvelle entorse à la rigueur MUL mais incontournable : mes guêtres stop-tout, lesquelles m’évitent, puisque je marche en short, de m’arrêter tous les deux cents mètres pour vider mes godasses des gravillons qui s’y glissent immanquablement. 80 grammes, toujours sur moi.

Et c’est tout.

Marcher léger – ou l’art de la MUL

La MUL, comme disent les initiés volontiers sibyllins, désigne tout simplement la Marche Ultra Légère.

Laquelle MUL s’oppose à la randonnée dite MULET, bâtée comme bourricot. Exemple :

Tour de l’Irlande en marche et auto-stop, en 1985, 25 kilos sur les épaules.

Contrairement aux diètes vantées ici ou là, les résultats de la MUL sont rapides et visibles. Tenez :

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GR 54 en autonomie complète, charge réduite à 9 kilos incluant 2 litres d’eau et quelques provisions.

Certes, 9 kilos, dirons les puristes, c’est encore beaucoup. J’ai d’ailleurs gagné encore en légèreté depuis l’Oisan, en n’emportant plus ni popote ni réchaud. J’ai aussi supprimé ma poche à eau de 2 litres et gardé uniquement une gourde souple – en montagne, il y a de l’eau partout et des refuges pour s’alimenter avant d’aller planter sa tente chez les marmottes. Enfin, j’ai remplacé mon appareil photo par un Smartphone et sa batterie de rechange, sachant de plus qu’avec IphiGénie, l’application IGN, je n’emporte plus de cartes au 1/25 millième. Encore du poids en moins.

Voici la liste complète et actualisée pour une randonnée itinérante et autonome de deux semaines, l’été :

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N’en jetons plus : à ce stade, vous avez déjà compris le principe.

A savoir que derrière l’acronyme MUL se cache une culture de l’essentiel, laquelle consiste à débarrasser le sac de toute charge superflue en interrogeant minutieusement son contenu, en relation stricte avec l’aventure entreprise ainsi qu’avec le degré de confort qu’on souhaite conserver – ou pas.

Exercice intellectuel amusant. Qui commence par l’établissement de la liste de son matériel, se poursuit par la pesée de chaque élément – et c’est en général à cette phase que l’entourage s’inquiète ou se moque, selon le degré obsessionnel que prend ladite pesée – puis qui se termine par l’interrogation et l’élimination de tout ce qui n’est pas strictement indispensable.

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Matelas revendu depuis. Remplacé par un autre, plus petit et plus confortable. Gain 100 grammes. Pas de petit profit.

Il existe de nombreux sites de conseils variés. Randonner-léger est incontournable, même si certains échanges sur le forum me laissent parfois bien perplexe.

On trouve également des tas de sites marchands, spécialisés en sports de plein air et qui mettent en avant des produits dits « ultra-légers ». C’est commercialement intelligent, parfois innovant, toujours coloré et attractif – exprès –mais tout n’est pas bon à prendre. Un plein catalogue de matériel ultra-light plus tard, et vous voici redevenu mulet.

Avant donc de casser la tirelire, réfléchir. Ce qui sera l’objet du prochain article.